PLAN " SOCIAL " CHEZ JTEKT DIJON
Suite aux annonces faites en Cce et Ce par la direction concernant 230 suppressions d'emplois:
86 licenciements à JTEKT Voltaire
144 suppressions d’emplois par départs volontaires sur Chevigny
La mise en place pour les années à venir d’horaires de travail qui consisteraient à mettre une grande partie du personnel de production :
à mi-temps en chômage partiel payé par l’Etat ou en formations (subventionnées),
à mi-temps travaillé
avec recours massif aux heures supplémentaires obligatoires
en 3 x 8 sur plusieurs lignes
LE TOUT SELON LE BON VOULOIR ET LES BESOINS DE LA DIRECTION !
La CGT dénonce l’ensemble de ces mesures et démontre que JTEKT, filiale de TOYOTA, n’est pas une entreprise en difficulté : le groupe JTEKT a prélevé 76 millions d’euros en 4 ans sur JADS (JTEKT Dijon-Chevigny-Saint-Etienne), soit 19 millions par an entre 2005 et 2008.
La CGT a proposé que la direction étudie et présente au comité central d'entreprise et au comité d'établissement une alternative où le groupe renoncerait à ses prélèvements sur l'activité et le travail des salariés de notre entreprise, compte-tenu du contexte actuel de crise. Le fait que cette proposition soit restée sans réponse montre que le groupe, à travers le plan qu'il entend mettre en œuvre, cherche avant tout à préserver la capacité de l'entreprise à lui assurer de confortables revenus. Peu importe que plus de 200 emplois soient détruits.
Par ailleurs, la direction de JTEKT l'affirme, " ce plan ne vise pas à trouver des solutions face à des difficultés économiques, mais à préserver la compétitivité du groupe!" .
L'entreprise n'est pas en difficulté en l'état actuel, mais le sera après la mise en œuvre du plan prévu par la direction : les prévisions publiées par la direction montrent que pour la période 2009-2013 l'application du plan présenté fait passer les résultats de notre entreprise d'une situation nettement bénéficiaire, à une situation largement déficitaire après restructuration.
Ce plan est à la fois scandaleux parce qu'il supprime 230 emplois sans motif économique avéré, parce qu'il installe une menace sur les emplois qui restent, et enfin parce qu'il permet aux actionnaires de continuer, malgré la crise, à prélever des profits sur les dos des salariés et de l'Etat à qui JTEKT veut faire payer les pertes de salaires des salariés que le groupe mettra volontairement au chômage partiel.
les seuls points précis du plan présenté par la direction :
augmentation des cadences,
heures supplémentaires si nécessaires,
chômage partiel
La CGT demandera qu'aucune autorisation de recours au chômage partiel ne soit accordée à JTEKT, et que le groupe assume seul la rémunération de la totalité des salaires, comme il en a largement les moyens.
Aucun projet sérieux et argumenté n'a été présenté aux représentants du personnel au comité central d'entreprise et au comité d'établissement.
Les questions posées par les élus et représentants CGT sont restées sans réponses, les droits des salariés à intervenir et formuler des propositions alternatives n'ont pas été respectés. La CGT estime que la direction de JTEKT a délibérément choisi de passer outre
Aucun programme de production détaillé autour duquel s'articulerait le projet industriel, aucun plan de développement des infrastructures du site de Chevigny Saint Sauveur pour accueillir les salariés du site de Dijon, aucune information sur le lieu de production des nouveaux projets à venir, aucune réponse aux interrogations formulées par la CGT sur les incohérences économiques du plan présenté...
Autant de raisons qui justifient la position des élus et représentants CGT de ne pas accepter la consultation du comité central d'entreprise et du comité d'établissement. La direction a l'obligation d'apporter des réponses écrites, précises et détaillées aux questions posées par les représentants des salariés, ce qu'elle n'a pas fait. Du point de vue de la CGT, les conditions n'étaient pas réunies pour que les élus du comité central d'entreprise puisse se fonder un avis motivé et être valablement consulté. Nous regrettons de n'avoir pu faire partager notre position aux autres organisations syndicales, car leur vote, même négatif, permet à la direction de mettre son plan à exécution.
Au regard de ces éléments, les avancées obtenues après une semaine de mouvements de grève tant à Voltaire qu’à Chevigny paraissent bien insuffisantes :
3 % d’augmentation de salaires,
une prime supra-légale de 20 à 24 mille euros selon l’âge
un congé reclassement de 9 mois
une prime de départ volontaire de 12 000 euros.
La CGT estime que les moyens existent pour étudier une alternative à la suppression des 230 emplois prévus. Pour cela, les moyens du groupe dont une partie a été prélevée sur les comptes de l'entreprise, doivent être mis à contribution; les plans d'accroissement des cadences mis en place en 2009 doivent être abandonnés; des engagements doivent être pris par les donneurs d'ordre, dont le groupe Toyota qui est le principal actionnaire de JTEKT; et en tout état de cause, aucun moyen financier public ne doit être accordé si l'entreprise refuse d'étudier les propositions alternatives que formulent les salariés et leurs représentants.