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Nos monuments nationaux transformés en hôtels de luxe pour privilégiés ! |
Le château de Bussy-Rabutin soumis à la loi de la rentabilité avec 19 autres monuments !
Le lundi 18 janvier 2010, l’appel d’offre destiné à sélectionner une entreprise chargée de mener une étude de faisabilité sur les conditions de créations de structures d’hébergement dans les monuments nationaux est arrivé à son terme. Son but : étudier la possibilité d’implanter des hôtels ou des chambres d’hôtes au sein même des monuments nationaux, dont la gestion, serait, bien entendu, concédée à des partenaires privés.
L’objectif est toujours le même : la recherche effrénée, pour ne pas dire frénétique, de ressources propres. Les monuments historiques ne seraient plus des lieux de Culture mais seraient sacrifiés sur l’autel de la rentabilité.
Une fois de plus, la direction du CMN (Centre des Monuments Nationaux du Ministère de la Culture et de la communication) agit en catimini, car ni le conseil d’administration du 25 novembre dernier, ni l’ordre du jour du Comité Technique Paritaire de l’établissement du 28 janvier prochain n’évoquent de tels projets.
20 monuments français pourraient ainsi être concernés !
D’après le cahier des charges, l’étude portera d’une part sur « l’opportunité de développer une offre d’hébergement » et d’autre part sur la « faisabilité technique et de viabilité économique ». En d’autres termes, il faudra s’assurer que la réalisation des équipements soit techniquement possible et acceptable. Mais surtout que les projets soient rentables. Car il s’agit bien de cela en définitive. Ce que la direction nomme : des « opérations de valorisation du patrimoine par la création d’activités touristiques d’affaire, d’hébergement ou de création d’événement » ne sont autre que la recherche du profit facile en ouvrant les monuments, de manière privilégiée, aux plus aisés au mépris de la mission fondamentale de la CMN : l’ouverture de notre patrimoine au plus grand nombre.
Chacun des 20 monuments sera soumis à un certain nombre de critères tels que « les espaces disponibles susceptibles de permettre l’implantation des hébergements et des services associés indispensables (restaurants par exemple) », le « potentiel touristique », « l’offre d’hébergement concurrentielle environnante », la « clientèle cible (typologie, niveau de gamme…) », « le développement d’autres activités marchandes (séminaires, soirées privées…) » ou encore l’« hypothèse du chiffre d’affaire », afin de déterminer, sur les sites retenus, le type d’offre à mettre en place.
On voit ainsi quelles sont les priorités de notre gouvernement en matière culturelles, comme à Champs-sur-Marne, où le laboratoire de recherche des monuments historiques pourrait plier bagages pour faire place à de l’hôtellerie.
A La Motte-Tilly, les agents pourraient être priés de déguerpir puisque « une implantation serait possible dans les communs du château mais également dans les bâtiments administratifs ». Alors qu’un musée digne de ce nom aurait dû voir le jour au domaine national de Saint-Cloud, le pavillon de Valois deviendra peut-être demain un hôtel. On pourrait multiplier les exemples à l’envie.
Alors que dans les monuments, les agents travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, exposés aux intempéries, au froid ou à la chaleur, dans des espaces contraints ou en sous effectif, qu’ils peinent à obtenir l’aménagement de leur poste de travail, gageons que les travaux destinés à ces équipements seront, eux, très rapidement mis en œuvre.
C’est aujourd’hui une orientation gravissime qui est prise et qui détourne ainsi le bien commun au profit d’une « élite ». C’est une des déclinaisons concrètes de la fameuse RGPP où tous les moyens sont bons pour rentabiliser et compenser le désengagement de l’État.
Nos monuments nationaux sont à toute l’humanité. Ne laissons quelques-uns s’approprier notre bien commun!