Ce 21 janvier est la première journée nationale de mobilisation. Plus de 110 rassemblements et manifestations sont ont été annoncées sur toute la France.
Alors que plus de 630 000 emplois ont été détruits en un an, que 2 millions de chômeurs (1 sur 2) ne sont pas indemnisés, que plus de 1 millions de chômeurs supplémentaires vont perdre leur droit à indemnisation en 2010, le gouvernement continue sa politique de non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2. En 2010 se sont 34 000 postes supplémentaires qui seront supprimés dans la Fonction publique. Autant d’emplois qui échapperont aux jeunes générations qui sont gravement touchés par la crise avec un taux de chômage pour les moins de 25 ans qui s’élève à 23,8% au 3eme trimestre 2009. (INSEE).
Pourtant, cette politique est clairement dénoncée par la Cour des comptes. Son ancien Président déclarait que cette politique est « dictée par des considérations budgétaires de cout terme » qui résulte « d’une démarche purement quantitative sans véritables réflexions d’ensemble sur l’évolution des missions et des besoins »
Ceci est très clair, le gouvernement veut faire payer cette crise à l’ensemble des salariés retraités, sans emploi.
Pour la population c’est la double peine : comme salarié (du public, du privé) avec la perte d’ emploi, la baisse du pouvoir d’achat, les dégradations des conditions de travail et comme usagers avec la suppression, la privatisation de nos services publics, accentuant les inégalités déjà dramatiques.
Les effets de cette politique, nous les subissons déjà : Privatisation d’Edf-GdF avec l’annonce masquée de l’augmentation des tarifs Privatisation de la Poste avec des fermetures de bureaux de postes et un manque
criant de personnel pour rendre un service de qualité aux usagers. Le directeur de la SNCF qui annonce la fermeture de deux lignes TGV qui ne sont pas
assez rentables, le remplacement de lignes Ter en transport par autocar, dans la Nièvre : la privatisation d’une ligne de transport de marchandises.
Dans le Fonction publique d’Etat, cette fameuse Révision Générale des Politiques Publiques (et son flot de suppressions d’emplois), la Réate (avec son cortège de suppressions de services) seront lourdes de conséquences pour les salariés mais aussi pour les usagers : un exemple récent avec la fermeture du bureau de proximité de la trésorerie rue Sambin.
A l’Education nationale, le manque de moyens et de personnels, les classes surchargées, des disparitions de sections.
Dans la fonction publique hospitalière avec des fermetures de services, de lits. En côte d’or, il n’y a plus que 3 maternités publiques.
Et dernièrement, le gouvernement annonce la réforme des collectivités territoriales : véritable concentration des pouvoirs de l’Etat sur les collectivités locales, avec une annonce programmée de la suppression des conseils généraux et la remise en cause de la clause générale de compétence qui permet aux Conseils généraux et régionaux de financer des projets au delà de leurs compétences obligatoires, projets pourtant utiles à la population.
Mais c’est aussi la réforme de la taxe professionnelle qui va mettre à mal les budgets des collectivités alors que celles-ci financent plus de 70% de l’investissement public de proximité.
90% des entreprises seront exonérées de cette nouvelle taxe appelée « contribution économique territoriale ». Au final, les recettes fiscales proviendront pour 25% des entreprises et 75% des ménages.
Etranglées financièrement, les collectivités n’auront d’autres choix que de réduire le nombre de personnel, livrer de nombreuses missions au privé (entretien des routes, les piscines, les crèches…), réduire leurs investissements pourtant utiles à toute la population mais aussi dans cette période de crise.
Ne nous y trompons pas, cette politique est cohérente. Sous couvert de faire des économies, sous prétexte que les caisses sont vides, la volonté du gouvernement est de livrer au secteur marchand et concurrentiel des pans entiers de missions publiques avec pour seul objectif : la rentabilité financière
.
L’argent existe. Le gouvernement, a injecté des milliards d’euros dans le cadre du plan de relance dans les banques et les entreprises sans aucune contrepartie. Les banques ont reconstitué leurs fonds propres et de nouveaux axent leurs activités dans la spéculation boursières : la Bourse de Paris a gagné 22% en 6 mois.
Les plans de licenciements se poursuivent. L’entreprise Renault qui a largement bénéficié de financements publics, annonce qu’elle délocalisera la construction de la CLIO 4.
Lors des Etats généraux de l’industrie en Bourgogne, la CGT a fait de nombreuses
propositions pour maintenir et développer l’emploi industriel. Le Préfet n’en a retenu aucune. C’est donc avec l’assentiment du gouvernement que JTEK a annoncé la fermeture du site Dijon-Voltaire en 2010 avec 86 licenciements. La CGT est au côté des salariés pour trouver des solutions alternatives.
Cette politique n’est pas tolérable !
Les richesses créées, issues du travail des salariés doivent servir à l’intérêt général, pour toute la population. Cela nécessite, entre autre, d’investir massivement dans des services publics de qualité et de proximité accessibles à tous.
C’est juste socialement, et viable économiquement !
Alors non, cette journée d’action n’est pas comme voudrait faire croire le gouvernement, et comme nous l’entendons dans les médias, une journée des fonctionnaires.
Forte de la mobilisation des salariés et du soutien de l’opinion publique, cette journée rappelle que le service public est notre bien commun. Qu’il doit être renforcé : c’est une question de justice sociale.
Nous exigeons dès à présents l’ouverture de négociations.
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